Destouches antiphilosophe

Après avoir connu un immense succès mais aussi quelques revers cuisants, Destouches est parvenu au faîte des honneurs : académicien, notable provincial, seigneur de Fortoiseau. Il est devenu un homme respectable. Dès 1732, il décide de se retirer de la carrière théâtrale et se nourrit de lectures th...

Cijeli opis

Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/etudes18,
Glavni autor: Brucker, Nicolas
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Études sur le XVIIIe siècle 2025
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Après avoir connu un immense succès mais aussi quelques revers cuisants, Destouches est parvenu au faîte des honneurs : académicien, notable provincial, seigneur de Fortoiseau. Il est devenu un homme respectable. Dès 1732, il décide de se retirer de la carrière théâtrale et se nourrit de lectures théologiques. Dans les années 1740, l’antiphilosophie ne se distingue pas de la lutte contre l’athéisme. Bayle, auteur que les apologistes chrétiens s’emploient à réfuter, fait l’objet de nombreux pamphlets. Son irréligion s’explique par son protestantisme et par son tolérantisme. Destouches lui consacre une épitaphe parodique publiée dans les pages du Mercure. Sa position est révélatrice d’une évolution des lignes de fracture à l’intérieur du champ littéraire : c’est bien un écrivain de la transition. Il conçoit son combat contre Bayle comme partie intégrante de la querelle des Anciens et des Modernes, dont il marque une nouvelle étape. Il met en place la figure de l’écrivain antiphilosophe, avec ses thèmes, sa rhétorique et sa mauvaise conscience. S’il est antiphilosophe, c’est pour promouvoir un nouveau modèle de philosophe. Par ailleurs, sa position n’est pas exempte d’ambiguïté : homme de théâtre contre une comédie futile et apologiste contre le mépris des valeurs chrétiennes. Il illustre ainsi le dilemme de l’écrivain catholique.