Traversées, hybridations grotesques et inquiétante étrangeté dans The Island of Dr Moreau (1896) de H. G. Wells : la mort de l’humain ?
Edward Prendick, le protagoniste et le narrateur de The Island of Dr Moreau, effectue une traversée maritime périlleuse et terrifiante entre l’Angleterre et une île inconnue du Pacifique, qui s’accompagnera de multiples traversées, d’ordre biologique et taxinomique, psychique, ontologique et génériq...
Uloženo v:
| Vydáno v: | URI:https://journals.openedition.org/erea, |
|---|---|
| Hlavní autor: | |
| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
E-rea
2016
|
| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | Edward Prendick, le protagoniste et le narrateur de The Island of Dr Moreau, effectue une traversée maritime périlleuse et terrifiante entre l’Angleterre et une île inconnue du Pacifique, qui s’accompagnera de multiples traversées, d’ordre biologique et taxinomique, psychique, ontologique et générique, qui le rendront irrémédiablement étranger à lui-même. L’œuvre évolutionniste de Wells, comme le laboratoire du Dr Moreau, explore en effet les concepts problématiques de civilisation et d’humanité et montre la porosité et la dissolution insidieuse des frontières entre l’homme et l’animal : l’humanisation des animaux (par Moreau) a pour pendant l’animalisation (spontanée) des êtres humains, bien plus angoissante car cette régression n’est autre que le retour du refoulé et une modalité de l’inquiétante étrangeté freudienne. L’hybridité, tant biologique qu’ontologique, est aussi d’ordre littéraire, mêlant science, réalisme et fantastique, dans un récit angoissant qui dépasse les oppositions binaires, et établit le règne troublant de l’entre-deux grotesque. L’île sur laquelle Prendick est contraint de passer des mois, loin de déboucher sur une (re)construction, comme dans les utopies traditionnelles, est une jungle tropicale anarchique qui déconstruit tous ses acquis et toutes ses certitudes, et reflète son état sauvage et aliéné. |
|---|