City Anamorphoses in Measure for Measure

Mesure pour Mesure est une tragicomédie sombre dont l’intrigue se déroule dans une ville d’Europe centrale, lieu assez inhabituel chez Shakespeare, mais elle est aussi une pièce-palimpseste caractéristique des ambiguïtés géographiques dont le dramaturge est coutumier. L’auteur recourt en effet ici à...

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Spremljeno u:
Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/erea,
Glavni autor: CHIARI, Sophie
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Anglais
Izdano: E-rea 2013
Teme:
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:Mesure pour Mesure est une tragicomédie sombre dont l’intrigue se déroule dans une ville d’Europe centrale, lieu assez inhabituel chez Shakespeare, mais elle est aussi une pièce-palimpseste caractéristique des ambiguïtés géographiques dont le dramaturge est coutumier. L’auteur recourt en effet ici à des sources italiennes, utilise des procédés propres à la commedia dell’arte, donne à ses personnages des noms à consonance italienne et, comme c’est souvent le cas avec ses autres œuvres à consonance « italienne », il dote l’Italie d’un esprit libertaire aux antipodes de Vienne, où les mœurs sexuelles sont sur le point d’être soumises à des lois très strictes. Mais plutôt que de voir dans les références à l’Italie des preuves de la révision ultérieure de Mesure pour Mesure, le présent article s’efforce de montrer que Vienne fait sens dans la pièce et que Shakespeare, en proposant diverses perspectives curieuses de cette ville, a pu être influencé par les arts visuels de son temps. Par le biais d’effets esthétiques inattendus, il livre ainsi au spectateur une géographie expérimentale et anamorphique qui reproduit les contours d’une carte du tendre ambivalente où sexualité et désirs refoulés sont confrontés l’un à l’autre. À l’instar des Ambassadeurs d’Holbein qui nous fait passer d’une vision majestueuse du pouvoir et du savoir à une inquiétante tête de mort, Mesure pour Mesure nous emmène du palais du Duc Vincentio aux marges de la cité où l’on trouve au premier plan des putains et des bourreaux, des squelettes et des corps rongés par la syphilis.