Une terreur par l’image

Si d’autres événements — Hiroshima, la découverte des camps de concentration, la chute du mur de Berlin — ont, au cours du XXe siècle, marqué suffisamment l’imaginaire pour trouver leur réponse dans des œuvres d’art, le 11 septembre 2001 pose la question de la fictionnalisation autrement : il ne s’a...

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Enregistré dans:
Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/erea,
Hovedforfatter: DULONG, Annie
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Anglais
Udgivet: E-rea 2011
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Si d’autres événements — Hiroshima, la découverte des camps de concentration, la chute du mur de Berlin — ont, au cours du XXe siècle, marqué suffisamment l’imaginaire pour trouver leur réponse dans des œuvres d’art, le 11 septembre 2001 pose la question de la fictionnalisation autrement : il ne s’agit plus tant de combler les manques de la représentation, liés à l’absence d’images ou au délai dans leur dévoilement, mais bien de composer avec l’omniprésence d’une représentation martelée à la télévision et sur Internet. Que cette représentation soit partielle, tronquée et qu’il lui manque la présence des corps, ces grands absents des photographies et des images tournées par les journalistes, ne change rien au fait que c’est avec le trop-plein que les artistes doivent maintenant négocier.Cet article s’intéresse aux romans qui traitent l’événement de front au lieu de l’aborder sur un mode mineur, et a pour objectif de tracer un portrait de la représentation des médias dans les romans du 11 septembre 2001. Ces romans, outre le fait qu’ils traitent des événements de New York, ont comme point commun un personnage, ou décor : les médias, représentés par la télévision, l’Internet, les photographies de presse, interviennent dans les récits d’une manière significative et témoignent de la force brute des images. À travers une étude de certains des mécanismes à l’œuvre dans The Writing on the Wall (Lynne Sharon Schwartz), Extremely Loud and Incredibly Close (Jonathan Safran Foer), Falling Man (Don DeLillo) et A Disorder Peculiar to the Country (Ken Kalfus), il s’agira de proposer des réponses à ces quelques questions : quel rôle les médias jouent-ils, et comment participent-ils au récit ? Quelle pression les images exercent-elles sur les personnages ? Que révèlent les personnages enfants dans leur rapport aux médias ? Quelle critique, finalement, les romans proposent-ils du rôle des médias dans la construction du trauma du 11 septembre ?