« C’est eux contre nous » ou « Qui a peur de qui ? » : la rhétorique post-11 septembre de l’administration américaine vue par la caricature de presse

Dans les mois qui suivent les attentats du 11 septembre 2001, face aux douleurs encore vives et à la phobie anti-terroriste qui gagne du terrain, rares sont ceux qui s’interrogent sur le caractère liberticide de l’arsenal juridique mis en place par l’administration Bush. Encore plus rares sont les o...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/erea,
Hovedforfatter: CADINOT, Dominique
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: E-rea 2011
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Dans les mois qui suivent les attentats du 11 septembre 2001, face aux douleurs encore vives et à la phobie anti-terroriste qui gagne du terrain, rares sont ceux qui s’interrogent sur le caractère liberticide de l’arsenal juridique mis en place par l’administration Bush. Encore plus rares sont les observateurs qui choisissent de jouer la carte de l’humour et de la dérision. Pourtant, en dépit du contexte, le 15 décembre 2001, soit trois mois après les attentats, le quotidien d’Atlanta en Géorgie, The Atlanta Journal-Constitution, fait paraître un dessin humoristique de Mike Luckovich caricaturant la politique du ministre de la justice John Ashcroft. De prime abord, l’auteur de la caricature dénonce la diabolisation de l’ennemi interne que forme alors la communauté américaine de culture arabe ou islamique. Dans son dessin, Luckovich met en effet clairement en cause la pratique du profilage racial et le caractère artificiel de la division dichotomique mise en avant par l’administration fédérale. Cependant, le choix de caricaturer John Ashcroft, représentant notoire de la droite religieuse, nous porte à croire que c’est en fait la délicate problématique des relations entre pouvoir et religion qui est au cœur du message adressé par l’auteur.Le dessin humoristique constituant un instrument de lecture privilégié d’une époque, cette analyse sera l’occasion de mettre en évidence les sentiments d’une catégorie d’Américains qui, dans les mois ayant suivi la réaction des agences fédérales, se sont opposés aux manœuvres visant à réduire le patriotisme aux seules convictions religieuses.