Ouzbékistan, le paradoxe de l’enracinement rural
L’Ouzbékistan contemporain se présente comme un monde où les campagnes structurent encore l’espace et la société. Non seulement la population du pays est rurale à plus de 60 % mais cette ruralité n’a cessé de se renforcer depuis deux décennies. Le paradoxe de cette évolution à contresens de la tenda...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/eps, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Publicado em: |
Espace populations sociétés
2009
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | L’Ouzbékistan contemporain se présente comme un monde où les campagnes structurent encore l’espace et la société. Non seulement la population du pays est rurale à plus de 60 % mais cette ruralité n’a cessé de se renforcer depuis deux décennies. Le paradoxe de cette évolution à contresens de la tendance mondiale s’explique par plusieurs facteurs. En raison du statut de périphérie agricole cotonnière que lui avait conféré la planification soviétique, la population a été fixée de manière coercitive à la terre. Or cette politique n’a pas été remise en cause par l’Ouzbékistan indépendant qui exerce un contrôle strict sur sa population. L’exode rural reste donc aujourd’hui pratiquement inexistant car le régime ouzbek entend préserver son indispensable manne cotonnière et redoute la déferlante de millions de paysans sans terre vers les villes. Mais cette inertie du mode de peuplement rural s’explique aussi par les valeurs identitaires que les populations accordent au village. Cette situation ne fait qu’aggraver la surcharge des espaces ruraux où les tensions pour l’eau et la terre s’exacerbent. La multiplication des émeutes ainsi que l’esquisse de nouveaux flux migratoires clandestins en direction de la Russie sont les signes d’un monde trop plein. |
|---|