Circuler pour ne pas migrer ? Mobilités hexagonales des natifs résidents de la Corse et de la Martinique
En Corse comme en Martinique, une partie des résidents développe des mobilités vers l'Hexagone pour l'emploi et les études tout en maintenant leur résidence sur l'île. Ces déplacements ne constituent pas un prélude à la migration : ils s'y substituent. À partir d'une analyse...
Tallennettuna:
| Julkaisussa: | URI:https://journals.openedition.org/eps, |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
Espace populations sociétés
2026
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| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | En Corse comme en Martinique, une partie des résidents développe des mobilités vers l'Hexagone pour l'emploi et les études tout en maintenant leur résidence sur l'île. Ces déplacements ne constituent pas un prélude à la migration : ils s'y substituent. À partir d'une analyse comparée articulant données du recensement de la population (2019) et entretiens semi-directifs (N = 40), cet article examine dans quelle mesure les résidents corses et martiniquais parviennent à recourir à ces formes de circulation. Les résultats mettent en évidence trois dynamiques principales. Premièrement, la distance géographique, corrélée aux politiques de continuité territoriale propres à chacune des régions, agit comme un filtre structurel déterminant : les probabilités de mobilité professionnelle ou étudiante vers le continent sont nettement plus élevées en Corse qu'en Martinique. Deuxièmement, ces mobilités demeurent socialement sélectives, concernant prioritairement les individus les plus dotés en capital scolaire et occupant des positions socioprofessionnelles élevées. Troisièmement, au-delà des sphères éducative et professionnelle, les déplacements pour motifs médicaux et récréatifs révèlent que l'accès aux ressources continentales participe à la reproduction des inégalités sociales. L'article montre en outre que l'ancrage résidentiel insulaire revendiqué recouvre des réalités hétérogènes : d'un côté, certains résidents maintiennent une domiciliation insulaire plus administrative qu'effective, instrumentalisant, en Corse, leur statut pour accéder aux tarifs subventionnés tout en vivant de fait sur le continent ; de l'autre, ceux qui préservent un ancrage réel développent des stratégies de « mobilité par lots », regroupant leurs déplacements en séquences espacées pour concilier présence insulaire et accès aux ressources continentales.En conclusion, l'article propose le concept de staying through mobility pour qualifier ces situations dans lesquelles la capacité à circuler devient une condition structurelle du maintien résidentiel en contexte insulaire. |
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