Ce que fait une station de pompage aux mondes ruraux. Enquête sociotechnique en Inde centrale

Cet article propose une enquête ethnographique sur une station de pompage agricole en Inde centrale, intégrée à un vaste programme d’irrigation structuré autour du barrage de Gosikhurd, dans la région du Vidarbha (Maharashtra). L’Ambhora Lift Irrigation Scheme, en puisant l’eau du réservoir Indira S...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/eps,
第一著者: Cabalion, Joël
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Espace populations sociétés 2026
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オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:Cet article propose une enquête ethnographique sur une station de pompage agricole en Inde centrale, intégrée à un vaste programme d’irrigation structuré autour du barrage de Gosikhurd, dans la région du Vidarbha (Maharashtra). L’Ambhora Lift Irrigation Scheme, en puisant l’eau du réservoir Indira Sagar, est censé irriguer jusqu’à 11 200 hectares répartis sur 38 villages. En retraçant la trajectoire de ce dispositif – depuis sa conception jusqu’à ses usages partiels et intermittents – l’analyse met en lumière les tensions entre promesses techniques, attentes de participation paysanne, et réalités de terrain.L’étude interroge la genèse de cette infrastructure, son fonctionnement concret, ses blocages sociaux et institutionnels, ainsi que les formes d’appropriation (ou de désengagement) observables au niveau local. Elle repose sur une ethnographie approfondie du territoire, une série d’entretiens, et l’analyse d’un corpus inédit de données sur la gestion de l’eau et les défauts de paiement. Loin d’être un simple outil hydraulique, la station apparaît comme un « actant » complexe, révélateur des contradictions contemporaines entre le retrait de l’État, la délégation participative, et les inégalités de caste et de classe dans l’accès aux ressources.L’article défend l’idée que les Lift Irrigation Schemes, en tant qu’infrastructures sociotechniques, ne peuvent être compris qu’en articulant dimensions techniques, agraires et politiques. Il plaide ainsi pour une sociologie fine de la gestion de l’irrigation, attentive aux recompositions rurales, aux imaginaires de développement, et aux héritages des luttes pour une gestion plus juste de l’eau.