La base de données des personnes décédées pour saisir les trajectoires résidentielles sur le temps long, une démonstration pour la Corse

Migrations et mobilités constituent l’une des clés de lecture majeures des territoires insulaires, et l’on pointe fréquemment soit le relatif enclavement de leurs populations, soit au contraire des circulations de population remarquables et singulières eu égard à l’isolement du territoire.La Corse n...

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التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/eps,
المؤلف الرئيسي: Merchez, Luc
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Espace populations sociétés 2025
الموضوعات:
الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
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الملخص:Migrations et mobilités constituent l’une des clés de lecture majeures des territoires insulaires, et l’on pointe fréquemment soit le relatif enclavement de leurs populations, soit au contraire des circulations de population remarquables et singulières eu égard à l’isolement du territoire.La Corse n’échappe pas à la règle, et on se propose ici de revisiter en quoi sur une vaste période contemporaine (du XXe siècle à aujourd’hui) les trajectoires résidentielles ont pu évoluer, et en quoi elles s’éloignent ou se rapprochent (en direction, en volume, en distance) des trajectoires observées en France continentale. Si l’on s’en tient à ses caractéristiques démographiques actuelles, la Corse occupe visiblement une place singulière parmi les régions françaises. Depuis le début des années 2010, c’est la région métropolitaine avec la plus forte croissance démographique (environ 1 % par an), celle-ci s’expliquant exclusivement par son solde migratoire apparent, en lien notamment avec des départs peu importants. L’objectif est de saisir ce qui pourrait ou non constituer une spécificité corse dans l’analyse spatio-temporelle des trajectoires de vie de ses habitants, en s’appuyant sur des données individuelles encore peu utilisées pour la France, à savoir les données nominatives des personnes décédées depuis 1970 (plus de 27 millions de décès jusque 2023). L’analyse des trajectoires lieu de naissance – lieu de décès fait bien état d’une relative singularité corse pour certains indicateurs (augmentation de la part des individus décédés dans leur département de naissance, allongement des trajectoires extra-insulaires mais raccourcissement des trajectoires internes à l’île). Sans négliger les effets d’une médicalisation croissante des débuts et fins de vie, avec une concentration spatiale des lieux de naissance et de décès qui touche tout le territoire français, l’insularité apparait comme un argument trompe-l’œil, du moins insuffisant pour expliquer les spécificités des trajectoires spatiales de la population corse. Celles-ci résultent en effet davantage de processus durablement à l’œuvre comme la rétention de la population native de l’île conjuguée à l’arrivée massive de populations extérieures, ou bien la polarisation croissante du territoire insulaire par les agglomérations d’Ajaccio et Bastia.