Les ménages complexes en Polynésie française. Résistance à la nucléarisation ou adaptation à la "modernité" ?

Le modèle de la corésidence en famille nucléaire s’est imposé comme norme dans les sociétés occidentales modernisées. Avec l’émergence de la seconde transition démographique qui a vu la natalité chuter et les séparations augmenter, d’autres modes de cohabitation ont fait leur apparition dans la nome...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/eps,
Principais autores: Sierra-Paycha, Celio, Trabut, Loïc, Lelièvre, Eva, Rault, Wilfried
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Espace populations sociétés 2022
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Le modèle de la corésidence en famille nucléaire s’est imposé comme norme dans les sociétés occidentales modernisées. Avec l’émergence de la seconde transition démographique qui a vu la natalité chuter et les séparations augmenter, d’autres modes de cohabitation ont fait leur apparition dans la nomenclature statistique : couples sans enfant, personnes seules, familles monoparentales. La statistique rassemble aujourd’hui toutes les autres formes de corésidence dans la catégorie « ménages complexes », celle-ci étant présentée comme un reliquat prétransitionnel. En Polynésie française, elle représente pourtant plus d’un quart des ménages, soit 6,5 fois plus qu’en métropole. Au premier abord, cette surreprésentation des ménages complexes en Polynésie pourrait s’expliquer par une position différente dans les transitions démographiques, la Polynésie étant selon cette hypothèse dans une phase antérieure des transformations démographiques, relativement à la France métropolitaine. Cependant, dans un territoire archipélagique où l’offre scolaire, les établissements de santé et les rares opportunités d’emploi sont extrêmement concentrées dans les espaces les plus centraux, la co-résidence des membres de la famille représente une ressource de premier plan. Cet article explore les raisons d’une telle surreprésentation en étudiant l’hypothèse de l’archaïsme pré-transitionnel et celle de l’adaptation aux contraintes du territoire, à partir de données ethnographiques collectées dans les années 1920 et 1960 et de données censitaires collectées au XXIème siècle.