Le lien au territoire, un facteur déterminant des réinstallations climatiques des communautés autochtones de l’Arctique nord-américain

Devant l’inefficacité des mesures alternatives d’atténuation des changements climatiques qui leur permettraient de rester sur leur territoire actuel, trois communautés autochtones d’Alaska, Kivalina, Shishmaref et Newtok, ont voté, il y a plus de vingt ans, leur réinstallation sur un site spécifique...

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Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/eps,
Hoofdauteur: Mesnard, Adèle de
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Espace populations sociétés 2021
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:Devant l’inefficacité des mesures alternatives d’atténuation des changements climatiques qui leur permettraient de rester sur leur territoire actuel, trois communautés autochtones d’Alaska, Kivalina, Shishmaref et Newtok, ont voté, il y a plus de vingt ans, leur réinstallation sur un site spécifique qu’elles ont désigné comme étant le plus à même de leur permettre de continuer à se développer en tant que communauté, tout en préservant leur identité et leur culture. Or, le choix d’un nouveau territoire cristallise les tensions entre les communautés, l’État d’Alaska et les acteurs fédéraux. Si les communautés ne s’opposent à leur réinstallation, bien qu’elle se fasse sous la contrainte des changements climatiques, elles refusent de l’envisager comme le simple mouvement d’un point A à un point B, fondé sur la considération qu’elles peuvent être déplacées sur n’importe quel lieu où il serait possible de les envoyer. Ce qui est en jeu pour les communautés, c’est ainsi de dépasser les écueils d’un choix unilatéral des autorités publiques qui restreindrait la relation particulière qu’elles entretiennent avec leur territoire et leur environnement. Le lieu étant un élément intangible de la cohésion et du maintien de la communauté, il importe que cette dernière ait la maîtrise du processus de sélection du territoire de réinstallation plutôt que de ne dépendre que d’un processus bureaucratique descendant. Un recentrage sur les perspectives autochtones, qui dépasse le technicisme pragmatique retenu par les autorités publiques, apparaît alors nécessaire pour créer les conditions d’un véritable dialogue.