Èšua, Učar-kaj, Ak-Byrkan et les autres. Le renouveau épique en République de l’Altaï (Sibérie méridionale)
Dans le contexte postsoviétique actuel, les Altaïens renouvellent leurs pratiques religieuses, qui se sont diversifiées, allant du “néo-chamanisme” au “néo-bourkhanisme”, en passant par le bouddhisme et le christianisme évangélique. Au sein de chacun de ces mouvements officient des musiciens se défi...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/epopee, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Projet Épopée
2026
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | Dans le contexte postsoviétique actuel, les Altaïens renouvellent leurs pratiques religieuses, qui se sont diversifiées, allant du “néo-chamanisme” au “néo-bourkhanisme”, en passant par le bouddhisme et le christianisme évangélique. Au sein de chacun de ces mouvements officient des musiciens se définissant comme kajčy (littéralement “chanteur en chant de gorge”) – terme qui désignait autrefois les chanteurs d’épopées. Se présentant comme héritiers de l’art de la récitation, s’emparant de textes épiques, désormais écrits, mais créant également leurs propres récits correspondant aux valeurs véhiculées par leur vision du monde, ces bardes nouveaux nous semblent redonner du souffle à un genre fortement éprouvé par la période soviétique. Notre analyse souhaite déterminer dans quelle mesure le chant de gorge kaj, mode vocal spécifique avec lequel doit être exécutée l’épopée dans l’Altaï, a contribué à élargir le type de public à qui sont donnés à entendre ces textes, tout métamorphosant la relation que les Altaïens pouvaient avoir à leur patrimoine culturel. Dans une première partie, nous reviendrons sur les caractéristiques de la récitation rituelle de poésies épiques, sur les transformations subies durant la période soviétique, et sur la manière dont le chant de gorge s’inscrit dans la mondialisation. Dans une seconde partie, nous nous focaliserons sur une récitation “à la manière d’autrefois” par le barde Èmil Terkišev. Nous montrerons le rôle prééminent du public dans le renouveau de la pratique de récitation, et que les textes des musiciens répondent directement aux attentes du public. Dans une troisième partie, l’analyse va porter sur plusieurs textes qui montrent que la polyphonie (Bakhtine), dont Goyet a montré qu'elle était cruciale dans le texte épique traditionnel, est de nos jours “dispersée” dans la multiplicité des productions en chant de gorge. |
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