Du bon usage de la science : de l’optique moralisée à l’optique de la morale
Dans Littérature et anthropologie, Louis Van Delft distingue entre « l’anatornie moralisée » (qui consiste dans une lecture édifiante du corps démembré) et « l’anatomie morale » (qui revient à penser l’analyse morale sur le modèle du démembrement anatomique). L’histoire des usages « littéraires » de...
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| Опубликовано в: : | URI:https://journals.openedition.org/episteme, |
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| Главный автор: | |
| Формат: | Article ou chapitre numérique |
| Язык: | Français |
| Опубликовано: |
Études Épistémè
2016
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| Online-ссылка: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Итог: | Dans Littérature et anthropologie, Louis Van Delft distingue entre « l’anatornie moralisée » (qui consiste dans une lecture édifiante du corps démembré) et « l’anatomie morale » (qui revient à penser l’analyse morale sur le modèle du démembrement anatomique). L’histoire des usages « littéraires » de l’optique dans la France de l’âge classique appelle un distinguo similaire : optique moralisée, optique de la morale. Lorsqu’il entreprend de « moraliser toute l’optique », le Père Marin Mersenne vise, au premier chef, à fonder spirituellement l’étude de cette science en faisant valoir qu’elle est susceptible de fournir, à qui sait en faire bon usage, une allégorie des Mystères de la Foi, et donc un réservoir de figures à l’usage des maîtres de l’éloquence sacrée. À l’instar de Pascal, les moralistes français du second XVIIe siècle (et, au-delà, jusqu’à Chamfort) sollicitent les mots et les catégories de l’optique (et singulièrement de la perspective) pour construire un modèle de l’analyse morale : il s’agit de penser les principes qui sous-tendent - « dans la vérité et dans la morale » - l’évaluation des conduites et des mérites sur le modèle de ceux qui régissent - « dans la peinture » - la construction ou la perception de l’espace pictural. Sur ce chemin qui conduit de l’optique moralisée théorisée par le célèbre Minime à I’optique des moralistes, s’écrit - au fil d’un double processus de sécularisation d’une part, de littérarisation de l’autre - une page décisive de l’optique de la littérature. |
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