Le ginseng d’Amérique : un lien entre les deux Indes, entre curiosité et science
À la suite d’une suggestion du Père Jartoux, qui a introduit en 1713 le ginseng en Europe, le missionnaire Joseph-François Lafitau découvre en 1716 du ginseng en Nouvelle-France. Sa découverte est initialement contestée par des membres de l’Académie des sciences qui allèguent une erreur d’identifica...
Sábháilte in:
| Foilsithe in: | URI:https://journals.openedition.org/episteme, |
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| Príomhchruthaitheoir: | |
| Formáid: | Article ou chapitre numérique |
| Teanga: | Français |
| Foilsithe / Cruthaithe: |
Études Épistémè
2014
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| Rochtain ar líne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Achoimre: | À la suite d’une suggestion du Père Jartoux, qui a introduit en 1713 le ginseng en Europe, le missionnaire Joseph-François Lafitau découvre en 1716 du ginseng en Nouvelle-France. Sa découverte est initialement contestée par des membres de l’Académie des sciences qui allèguent une erreur d’identification de la plante. En 1718 Lafitau publie un long Mémoire [. . .] concernant la précieuse plante du Ginseng qui offre au public la somme des connaissances sur le ginseng et réfute ces critiques. Alors que l’Académie est préoccupée par la classification botanique, la confusion autour de la plante est vite levée tandis que la découverte de Lafitau mène au développement d’un marché lucratif des racines de ginseng qui inclut leur exportation en Chine. Cet article offre une interprétation du Mémoire sur le ginseng de Joseph-François Lafitau dans son contexte historique en reliant les aspects épistémologiques et méthodologiques à la vision du monde de l’auteur et son identité comme missionnaire. Au-delà du savoir proprement botanique, l’article discute l’influence de la tradition humaniste des antiquaires et collectionneurs de curiosités, et suggère un parallèle méthodologique entre le Mémoire de Lafitau et ses Mœurs des sauvages amériquains comparées au mœurs des premiers temps (1724). L’article contextualise la découverte du ginseng dans le cadre plus large des explorations géographiques et porte une attention particulière aux incertitudes relatives à la découverte de l’Amérique par rapport à l’Asie et à la possibilité d’un lien terrestre entre les deux continents. La présence du ginseng sur les deux continents consolide fortement une telle hypothèse et un lien terrestre permet de défendre à son tour l’idée d’une origine eurasiatique des habitants de l’Amérique. Alors que les Mœurs de Lafitau plaident pour l’unité de la création, le Mémoire aborde la question de l’unité par une démonstration en histoire naturelle. |
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