Jephté, tragédie tirée du latin de George Buchanan : Florent Chrestien traducteur, poète et polémiste
En 1567, le poète français réformé Florent Chrestien publie pour la première fois chez Louis Rabier une pièce de théâtre qui se présente d’emblée comme la traduction de la tragédie latine originale de George Buchanan, éditée en 1554 par Guillaume Morel, non sans succès : Jephté ou le Vœu. Cette trag...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/episteme, |
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| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Études Épistémè
2014
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| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | En 1567, le poète français réformé Florent Chrestien publie pour la première fois chez Louis Rabier une pièce de théâtre qui se présente d’emblée comme la traduction de la tragédie latine originale de George Buchanan, éditée en 1554 par Guillaume Morel, non sans succès : Jephté ou le Vœu. Cette tragédie française apporte également à Florent Chrestien une certaine renommée, bien qu’elle ne soit pas son unique œuvre, étant donné ses talents de poète et de polémiste. Ce sont ces deux aspects que met en relief l’étude comparative de certains éléments particulièrement significatifs des pièces des deux auteurs. Florent Chrestien, tout en restant fidèle à l’esprit de l’Ecossais qui a su plier son génie aux règles de la prosodie latine, fait preuve de qualités poétiques innovantes, dans la maîtrise de la versification française (polymétrie, enjambements et rejets, terza rima, rimes signifiantes), alors en plein développement sous l’influence de la Pléiade, comme dans l’adaptation des procédés rhétoriques traditionnels à la poésie (comme l’harmonie imitative et le chiasme), au profit de l’approfondissement du sens tragique de l’intrigue. En 1567, Chrestien est un polémiste attentif aux événements de son temps, et soucieux de relier une ancienne histoire biblique aux préoccupations de ses contemporains, tandis qu’en 1554, Buchanan était plus discret dans l’expression dramaturgique de ses propres convictions religieuses. La comparaison détaillée de quelques extraits des deux tragédies révèle comment par de subtils ajouts Chrestien donne à son œuvre une forte connotation chrétienne, voire protestante, à l’inverse de Buchanan qui jouait sur l’ambiguïté et l’universalité d’une histoire dont la portée symbolique a été soulignée dès la première littérature chrétienne. |
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