Laurent Roth, poète de l’immanence de la transcendance
« J’essaie de tout dire sans avoir le langage » : ainsi parle Laurent Roth à propos de cette énigme poétique, son premier film, Marie ou le retour (1984). Confession paradoxale d’un cinéaste viscéralement littéraire dont on ne sait si son cinéma est de la littérature visuelle, ou si sa vocation litt...
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Entrelacs
2021
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openedition-oai:revues.org:entrelacs_6073 https://doi.org/10.4000/entrelacs.6073 urn:doi:10.4000/entrelacs.6073 https://journals.openedition.org/entrelacs/6073 2021-12-13T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/fsa6 All rights reserved Laurent Roth, poète de l’immanence de la transcendance Entrelacs Université Toulouse - Jean Jaurès info:eu-repo/semantics/reference/issn/2261-5482 info:eu-repo/semantics/reference/issn/1266-7188 URI:https://journals.openedition.org/entrelacs Noce-Bertozzi, Roger-Philippe Della « J’essaie de tout dire sans avoir le langage » : ainsi parle Laurent Roth à propos de cette énigme poétique, son premier film, Marie ou le retour (1984). Confession paradoxale d’un cinéaste viscéralement littéraire dont on ne sait si son cinéma est de la littérature visuelle, ou si sa vocation littéraire ne peut littéralement pas se déployer hors caméra. Je vais essayer par quelques touches légères d’effleurer le mystère d’un poète filmant que j’ai vu éclore dans la nuit de Paris. Nous avions vingt ans et l’habitude de grimper sur le toit de sa chambrette surplombant le Panthéon. Là, exaltés, dans notre ciel monumental hérissé de dômes et de clochers, nous discourions sur le sublime en risquant de tomber dans le vide. On n’en guérit pas. J’ai donc ici l’ambition intime de me porter témoin de la mise en jeu du sublime dans les cheminements de Laurent Roth, cheminements qui mènent partout où peut surgir le miracle. “I try to say everything without having the language”: this is what Laurent Roth says about this poetic enigma, his first film, Marie ou le retour (1984). A paradoxical confession from a viscerally literary filmmaker whose cinema is a visual literature, and whose literary vocation cannot literally be deployed outside the camera. I will try, with a few light touches, to dig on the mystery of a filming poet that I saw blossoming in the night of Paris. We were twenty years old and used to climb to the roof of his room overlooking the Pantheon. There, exalted, in our monumental sky bristling with domes and bell towers, we would talk about the sublime while risking falling into the void. There is no cure for that. I therefore have the intimate ambition to bear witness to the sublime in Laurent Roth's work, which leads to wherever the miracle may occur. |
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« J’essaie de tout dire sans avoir le langage » : ainsi parle Laurent Roth à propos de cette énigme poétique, son premier film, Marie ou le retour (1984). Confession paradoxale d’un cinéaste viscéralement littéraire dont on ne sait si son cinéma est de la littérature visuelle, ou si sa vocation littéraire ne peut littéralement pas se déployer hors caméra. Je vais essayer par quelques touches légères d’effleurer le mystère d’un poète filmant que j’ai vu éclore dans la nuit de Paris. Nous avions vingt ans et l’habitude de grimper sur le toit de sa chambrette surplombant le Panthéon. Là, exaltés, dans notre ciel monumental hérissé de dômes et de clochers, nous discourions sur le sublime en risquant de tomber dans le vide. On n’en guérit pas. J’ai donc ici l’ambition intime de me porter témoin de la mise en jeu du sublime dans les cheminements de Laurent Roth, cheminements qui mènent partout où peut surgir le miracle. |
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