Boîte noire, une « scène d’invention totale »

La boîte noire constitue une pièce maîtresse du dispositif perspectif. Elle participe, suivant les voies géométriques projectives qui en règlent le fonctionnement, au théâtre d'instauration de la représentation. Les relations topographiques entre le lieu de visée et le plan de projection se coo...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/entrelacs,
Autor principal: Barrès, Patrick
Format: Article ou chapitre numérique
Publicat: Entrelacs 2017
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:La boîte noire constitue une pièce maîtresse du dispositif perspectif. Elle participe, suivant les voies géométriques projectives qui en règlent le fonctionnement, au théâtre d'instauration de la représentation. Les relations topographiques entre le lieu de visée et le plan de projection se coordonnent suivant deux lignes : autour d'un rayon lumineux dans la camera obscura, autour d'un rayon imaginaire dans les modèles de construction perspective d'Alberti, de Dürer, de Vinci ou de Bosse. Les artistes des avant-gardes historiques des années 1920 se démarquent des dispositifs de la Renaissance et rejettent la logique figurative, en instaurant une tension dialectique entre la transparence et l'opacité, entre les ressources géométriques de la perspective et les ressorts physiques du lieu d'exercice, et en introduisant au cœur du dispositif des motifs d'instabilité, des marques d'altération et des signes de fragmentation. La boîte noire devient dès lors un terrain d'expérience de la plasticité et de renouvellement des paramètres du chantier de création.Des artistes contemporains, engagés dans des formes d'expression variées et souvent croisées, en prolongent le trait. Nous proposons de réunir autour de cette problématique l'installation du Théâtre d'ombres de Christian Boltanski (1984), les réalisations cinématographiques expérimentales de Stan Brakhage (des années 1990), le film performance Black Box de William Kentridge (2005) et le film Le Petit Hérisson dans le brouillard de Youri Norstein (1975).