Exposer à la mort pour protéger les frontières : une analyse des pushbacks sur la mer Égée
Cet article soutient les discours sur les « frontières vulnérables » ont permis de justifier le recours à des pratiques violentes de renvoi en mer (les pushbacks). Ce processus de « vulnérabilisation » fait ainsi la liaison entre la construction fictionnelle d’une menace migratoire imminente et la m...
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| Dans: | URI:https://journals.openedition.org/emulations, |
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Émulations
2025
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| Sujets: | |
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Cet article soutient les discours sur les « frontières vulnérables » ont permis de justifier le recours à des pratiques violentes de renvoi en mer (les pushbacks). Ce processus de « vulnérabilisation » fait ainsi la liaison entre la construction fictionnelle d’une menace migratoire imminente et la mise en pratique d’un droit d’exposer à la mort et à la violence, au nom de la sécurité de l’État. L’article retrace d’abord le rôle de Frontex dans l’élaboration d’une « menace migratoire », puis celui de l’État grec dans la construction d’une « crise » en 2020, qui a poussé Frontex à effacer les traces des pushbacks. L’article trace ensuite un lien entre l’imaginaire d’une « vulnérabilité des frontières » et l’expérience des personnes arrêtées, exposées à la violence des garde-côtes et abandonnées dans la mer Égée. Les récits de survivant·e·s donnent à voir la crainte durable d’être arrêté·e·s, violenté·e·s et de mourir lors de chaque tentative de rejoindre les îles pour y déposer une demande d’asile. À travers l’analyse des photographies et des géolocalisations envoyées par les personnes qui craignent d’être renvoyées, il s’agit alors de penser la production de récits alternatifs de la frontière où la vulnérabilité n’est pas métaphorique, mais se traduit par une exposition délibérée à la mort. |
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