La ville rend libre ?
Selon différents récits historiques, les pays du Maghreb, depuis leur indépendance, ont connu d’importants changements sociaux qui ont eu des répercussions sur l’émancipation des femmes sans pour autant combler les différences structurelles existant entre hommes et femmes. Cette faible capacité pour...
Salvato in:
| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/ema, |
|---|---|
| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Égypte/Monde arabe
2012
|
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | Selon différents récits historiques, les pays du Maghreb, depuis leur indépendance, ont connu d’importants changements sociaux qui ont eu des répercussions sur l’émancipation des femmes sans pour autant combler les différences structurelles existant entre hommes et femmes. Cette faible capacité pour le changement social des structures de domination masculine est encore plus tangible dans les sociétés maghrébines qu’ailleurs, du fait d’un fort regain d’importance de la religion affectant entre autres la famille, l’éducation et l’État. Cependant ces sociétés ont finalement construit des modèles différents des modèles traditionnels, dans une dynamique d’amalgames au sein de laquelle la tradition est réinterprétée et sa reformulation s’entremêle avec le neuf, dans une sorte de révision des modes de vie modernes. L’article traite de trois dimensions importantes du rôle de la femme dans les villes maghrébines. La première de ces dimensions est la trajectoire résidentielle du ménage, sa localisation dans la ville et sa prise d’autonomie (empowerment) par rapport à la famille élargie. La deuxième dimension porte sur l’appropriation de la ville ; la troisième s’intéresse à la position de la femme, au sein de la sphère publique, à travers le travail et l’action collective. La confrontation de modèles construits avec des modèles contraignants, ainsi que la dynamique de l’amalgame et de l’adaptation sont présents dans ces trois dimensions mais se traduisent par une tension entre l’affirmation de la femme et les pressions sociales. Les femmes, prenant plus de risques dans les espaces urbains et plus généralement dans la sphère publique, acquièrent plus d’autonomie et de liberté. Ces réflexions proviennent d’une recherche récente sur le terrain maghrébin, revisitée à la lumière des questions de genre. |
|---|