Parler et penser à Carthage : la représentation de la vie psychique dans Salammbô de Flaubert

On sait que la représentation de la vie psychique dans les romans de Flaubert passe par deux procédés majeurs : la focalisation interne et le style indirect libre. Mais pour Salammbô, la difficulté n’est pas seulement d’ordre technique : elle touche, plus radicalement, à la possibilité même de repré...

সম্পূর্ণ বিবরণ

সংরক্ষণ করুন:
গ্রন্থ-পঞ্জীর বিবরন
প্রকাশিত:URI:https://journals.openedition.org/elseneur,
প্রধান লেখক: Leclerc, Yvan
বিন্যাস: Article ou chapitre numérique
ভাষা:Français
প্রকাশিত: Elseneur 2024
অনলাইন ব্যবহার করুন:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
বিবরন
সংক্ষিপ্ত:On sait que la représentation de la vie psychique dans les romans de Flaubert passe par deux procédés majeurs : la focalisation interne et le style indirect libre. Mais pour Salammbô, la difficulté n’est pas seulement d’ordre technique : elle touche, plus radicalement, à la possibilité même de représenter l’intériorité : comment « donner aux gens un langage dans lequel ils n’ont pas pensé », se demande Flaubert lors de la rédaction. À défaut d’atteindre à une impossible vérité de la parole antique, la fiction s’emploie à la rendre vraisemblable, en raréfiant le dialogue et en adoptant un style à la fois sublime et simple. L’essentiel de la vie intérieure se passe en silence : les guerriers agissent et parlent peu ; les personnages individualisés sont guidés par une idée fixe souvent muette, et les pratiques religieuses se heurtent à l’interdit de l’innommable. Le style indirect libre, évidemment plus rare que dans Madame Bovary, prend en charge, sans doute pour la première fois dans l’histoire du roman, les pensées collectives des groupes. La réduction de la vie psychique personnelle à sa plus simple expression est compensée par la représentation globale prise en charge par un narrateur interne, appartenant au même milieu et à la même époque que ses personnages : un Flaubert carthaginois, en somme.