L’âpre vérité, un défi de Stendhal aux historiens
Balzac lança un défi explicite aux historiens de son temps, Stendhal un défi implicite aux historiens du futur. Le premier est bien connu : c’est celui de l’historicisme, avec son inscription intégrale des phénomènes individuels dans des phénomènes collectifs englobants ; le second est moins bien id...
Zapisane w:
| Wydane w: | URI:https://journals.openedition.org/elh, |
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| 1. autor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Język: | Français |
| Wydane: |
Écrire l’histoire
2017
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| Dostęp online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Streszczenie: | Balzac lança un défi explicite aux historiens de son temps, Stendhal un défi implicite aux historiens du futur. Le premier est bien connu : c’est celui de l’historicisme, avec son inscription intégrale des phénomènes individuels dans des phénomènes collectifs englobants ; le second est moins bien identifié, y compris par ce grand lecteur de Stendhal qu’a été Auerbach. À l’opposé du travail d’articulation du privé et du public, de la vie individuelle et de l’histoire collective propre à l’historiographie romantique (et au roman balzacien), le roman stendhalien, dont Carlo Ginzburg se saisit ici à travers l’exemple du Rouge et le Noir, œuvre à leur décrochement en inscrivant, dans l’« âpre vérité » d’une écriture que Stendhal disait lui-même trop « heurtée », des hiatus entre le discours de ses personnages et la narration de la « chronique de 1830 ». Ce « style direct libre » est un défi à l’historien d’aujourd’hui : défi de ne pas tenir pour évidence la manière habituelle de citer ses documents, de faire parler les hommes du passé dans leur isolement et leurs tentatives, même illusoires, pour échapper à leur temps. |
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