Les sciences morales : des sciences historiques ?

Au xixe siècle, sur la carte d’Europe des savoirs consacrés à l’homme, l’Allemagne fait figure d’exception. Alors qu’en France, en Italie, en Grande-Bretagne, en Belgique ou en Espagne règnent les « sciences morales », dans le monde germanique, on retient le terme de Geisteswissenschaften (sciences...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/elh,
Autor principal: Feuerhahn, Wolf
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Écrire l’histoire 2017
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Au xixe siècle, sur la carte d’Europe des savoirs consacrés à l’homme, l’Allemagne fait figure d’exception. Alors qu’en France, en Italie, en Grande-Bretagne, en Belgique ou en Espagne règnent les « sciences morales », dans le monde germanique, on retient le terme de Geisteswissenschaften (sciences de l’esprit). Pourtant, l’œuvre qui a donné un sens nouveau à l’expression moral sciences dans la seconde moitié du xixe siècle, le System of Logic de John Stuart Mill (1843) avait connu une réception précoce en Allemagne. Beaucoup rendent l’idéalisme allemand responsable de ce choix terminologique. Toutefois, l’analyse de la réception de la Logique de Mill en Allemagne montre que la dénomination des savoirs portant sur l’homme a aussi fait l’objet de débats outre-Rhin. Dilthey opte finalement en 1883 pour Geisteswissenschaften, moins pour défendre une tradition idéaliste que pour garantir l’historicité des sciences concernées contre l’approche abstraite qu’il dénonce chez Mill. À une époque où il est menacé par le développement des sciences de la nature, Dilthey veut maintenir le primat accordé aux sciences philologiques et historiques par Wilhelm von Humboldt dans le cadre de ses réformes de l’université allemande au début du xixe siècle.