Le grand jeu de l’élimination : à propos de deux romans noirs (Pierre Lemaître, Michel Crespy) et d’un documentaire filmique (Didier Cros)

L’entreprise se doit de sélectionner les meilleurs, parmi les demandeurs d’emplois, toujours plus nombreux qui souhaitent être recrutés, et dans un double mouvement d’éliminer les candidats inappropriés à un poste. Comment les entreprises procèdent-elles à cette élimination ? Dans les faits, elles s...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/elfe,
1. Verfasser: Grenouillet, Corinne
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: ELFe XX-XXI 2025
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:L’entreprise se doit de sélectionner les meilleurs, parmi les demandeurs d’emplois, toujours plus nombreux qui souhaitent être recrutés, et dans un double mouvement d’éliminer les candidats inappropriés à un poste. Comment les entreprises procèdent-elles à cette élimination ? Dans les faits, elles s’appuient communément sur l’expertise de cabinets de consultants et utilisent des jeux de rôle destinés à opérer cette distinction. La littérature mais aussi le cinéma se sont emparés de ce thème, car il est riche de potentialités narratives propres à dynamiser une intrigue. Par ailleurs, il s’inscrit dans le cadre d’une fascination contemporaine pour les jeux d’élimination, identifiable aussi bien dans la littérature grand public, que dans les séries télévisées ou les jeux vidéo. Deux romans noirs, qui ont construit leurs intrigues autour du recrutement, ont retenu mon attention : Cadres noirs, un thriller social de Pierre Lemaitre (2010) et Chasseurs de tête, un roman policier de Michel Crespy (2000). Je leur ai adjoint La Gueule de l’emploi, un documentaire de Didier Cros consacré au recrutement au sein du GAN, une grande entreprise assurantielle, diffusé en 2011 sur France 2. Alors que les spécialistes de gestion insistent sur le fait que, par le biais des jeux de rôle, les recruteurs visent la justice autant que la justesse, nous montrons que ces productions culturelles soulignent au contraire la violence et la cruauté du tri que cachent ou révèlent ces mêmes jeux.