Mémoires de l’univers concentrationnaire nazi dans la littérature contemporaine du travail
On constate depuis plusieurs années, au sein de la littérature contemporaine du travail, une tendance accrue à proposer des liens (de la simple allusion à la confrontation, voire à l’analogie), entre l’univers concentrationnaire nazi, la Shoah et l’économie néolibérale. C’est précisément la notion d...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/elfe, |
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| المؤلف الرئيسي: | |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
ELFe XX-XXI
2025
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | On constate depuis plusieurs années, au sein de la littérature contemporaine du travail, une tendance accrue à proposer des liens (de la simple allusion à la confrontation, voire à l’analogie), entre l’univers concentrationnaire nazi, la Shoah et l’économie néolibérale. C’est précisément la notion de tri ou de sélection qui semble susciter la référence à l’univers concentrationnaire, une certaine frange de salariés étant jugée inadaptée, surnuméraire ou indésirable, et dès lors vouée à l’extinction, voire à l’effacement. L’on ne saurait cependant s’arrêter à cette convergence superficielle et l’article s’attache à questionner la teneur, les raisons et les enjeux d’un tel rapprochement, en prenant appui sur un corpus de trois récits (Daewoo, de François Bon ; La Question humaine de François Emmanuel et L’Âge de fer de Gérard Macé). L’hypothèse développée ici est que de telles résurgences nous disent peut-être moins quelque chose sur le travail ou l’univers concentrationnaire nazi et la Shoah en tant que tels que sur notre « historicité », entendue à la fois comme situation historique et rapport que notre société entretient au temps et à l’histoire. Après avoir examiné comment les récits retenus mettent en scène la relation entre monde du travail et univers concentrationnaire, faisant jouer une « mémoire spectrale » (D. Viart), en vertu de laquelle le passé vient hanter le présent, l’article montre comment les textes tendent à faire de cet univers concentrationnaire ou de la Shoah le révélateur des possibilités cachées de la société moderne, mobilisant les ressorts de ce que l’on peut appeler une « mémoire critique » de l’événement, indissociable d’une « mémoire textuelle » de la Shoah, aux effets potentiellement ambivalents et opacifiants. |
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