Mémoires viatiques : Simone de Beauvoir, se dire par le voyage
Notre article s’interroge sur la manière d’écrire le voyage et s’écrire quand on est une femme, et qu’on s’appelle Simone de Beauvoir. En effet, Simone de Beauvoir est connue comme écrivaine, mais non comme écrivaine voyageuse. Nous analysons ici les rouages de son écriture mémorielle, qui sont forc...
Bewaard in:
| Gepubliceerd in: | URI:https://journals.openedition.org/elfe, |
|---|---|
| Hoofdauteur: | |
| Formaat: | Article ou chapitre numérique |
| Taal: | Français |
| Gepubliceerd in: |
ELFe XX-XXI
2024
|
| Onderwerpen: | |
| Online toegang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Samenvatting: | Notre article s’interroge sur la manière d’écrire le voyage et s’écrire quand on est une femme, et qu’on s’appelle Simone de Beauvoir. En effet, Simone de Beauvoir est connue comme écrivaine, mais non comme écrivaine voyageuse. Nous analysons ici les rouages de son écriture mémorielle, qui sont forcément viatiques. Les références au voyage sont omniprésentes, couvrant l’ensemble des domaines artistiques, intellectuels et politiques. Beauvoir centre son récit mémoriel sur la construction d’un soi en mouvement, d’abord en imagination, essentiellement par les livres, puis, de plus en plus, par le voyage lui-même. Lorsqu’elle s’écrit en voyage, elle efface progressivement les disparités biologiques femme/homme pour se montrer en individu qui marche, prend le train ou l’avion, proposant un récit de soi qui va au-delà de la biologie. Ce récit de soi est écrit de plus en plus à chaud, le temps entre le vécu et l’écriture se réduit, d’où la teinte de plus en plus sombre de l’écriture mémorielle, gangrenée par les amours finissantes et le poids de la Guerre d’Algérie, Beauvoir se situant aux côtés des résistant·es algérien·nes, pour la décolonisation et la fin de l’empire français. Voyager, pour Beauvoir, est s’engager contre le patriarcat et à gauche de l’échiquier politique. |
|---|