Accommodements en régime magique. Fonctions de la nourriture chez Marie NDiaye
La nourriture chez Marie NDiaye apparaît de manière récurrente comme l’expression d’une « pensée magique » : l’on est, ou l’on devient, ce que l’on mange. Ce constat impose de traiter le motif de la nourriture dans cette œuvre sous un angle anthropologique ; un axe de lecture par lequel les indices...
Sparad:
| I publikationen: | URI:https://journals.openedition.org/elfe, |
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| Huvudupphovsman: | |
| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
ELFe XX-XXI
2019
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | La nourriture chez Marie NDiaye apparaît de manière récurrente comme l’expression d’une « pensée magique » : l’on est, ou l’on devient, ce que l’on mange. Ce constat impose de traiter le motif de la nourriture dans cette œuvre sous un angle anthropologique ; un axe de lecture par lequel les indices de la matérialité du monde, constitués par les manifestations récurrentes du motif alimentaire, permettent de renouveler la compréhension d’une œuvre plutôt perçue par la critique contemporaine sous ses angles sociologique, politique et symbolique. Au fil des romans de NDiaye, on constate que les enjeux magiques de la nourriture ont d’abord pour effet de confirmer l’état général d’enfermement des personnages en eux-mêmes, à la façon des monades de Kafka. Par la suite, c’est en se penchant sur le parcours de Nadia (dans Mon cœur à l’étroit, 2007) et de la Cheffe (dans le roman éponyme de 2016) que l’on observera comment ces personnages évoluent de l’individuel au social, de la construction identitaire problématique de Nadia à la mission que se donne la Cheffe d’une transmission éthique, via la nourriture. Grâce aux apports théoriques de Lévi-Strauss (le triangle culinaire) et surtout de Mauss (l’économie du don), on observera que ce mouvement cérémoniel de captation puis de transmission du matériau alimentaire vaut également pour l’objet littéraire qui en est le véhicule. Nourriture et littérature finissent par s’associer comme objets, profondément inscrits dans la structure des communautés humaines, d’une nécessaire et urgente communion. |
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