Ambassadeur de l’Extrême-Orient dans la « République mondiale des lettres » : reconsidérer le potentiel historiographique littéraire du Roman de l’homme jaune (1890) de Tcheng Ki-tong
À travers d’une œuvre en français Le Roman de l’homme jaune (1890), Tcheng Ki-tong, diplomate chinois de la fin des Qing, réécrit une légende chinoise des Tang Huo Xiaoyu zhuan en mobilisant à la fois la tradition romanesque française et l’esprit de la « chevalerie » (xia) chinoise. Tout en remodela...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/elfe, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
ELFe XX-XXI
2026
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | À travers d’une œuvre en français Le Roman de l’homme jaune (1890), Tcheng Ki-tong, diplomate chinois de la fin des Qing, réécrit une légende chinoise des Tang Huo Xiaoyu zhuan en mobilisant à la fois la tradition romanesque française et l’esprit de la « chevalerie » (xia) chinoise. Tout en remodelant la psychologie des personnages et la structure narrative, cette démarche lui permet aussi de transformer l’héritage littéraire classique chinois en un style hybride conforme aux normes génériques du roman français moderne. Par l’appropriation stratégique de la figure de l’« homme jaune », Tcheng articule l’expression d’une sensibilité nationaliste et la volonté d’élargir l’influence de la littérature chinoise, déployant ainsi une véritable capacité de négociation interculturelle. Classée comme « littérature française » à la fin du XIXᵉ siècle en France, cette œuvre a été réintroduite au XXIᵉ siècle dans l’horizon de l’histoire littéraire chinoise moderne à travers sa retraduction en chinois, suscitant aussitôt un vif intérêt et de nombreux débats. La trajectoire de ce texte révèle non seulement les décalages temporels propres aux circulations transnationales, mais aussi sa double appartenance au-delà des frontières linguistiques et nationales. En tant que vrai « ambassadeur » venu d’Extrême-Orient au sein de la « République mondiale des lettres », Tcheng Ki-tong met à profit l’écriture en langue étrangère pour insérer les récits chinois dans les circuits de la littérature mondiale dès la fin des Qing. Tout en enrichissant la conception de la littérature francophone au grand large, son cas nous invite aussi à reconnaître l’autonomie intellectuelle de ces médiateurs culturels issus d’horizons non-occidentaux. |
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