Du Divers au Plurivers : les littératures de langue française au défi décolonial

L’« esthétique du Divers », définie par Segalen au début du xxe siècle, a longtemps été considérée comme un tournant dans la façon d’aborder et de représenter l’autre. Sa réception par Édouard Glissant, qui a vu dans la pensée de Segalen une ouverture à l’autre encore inédite, à profondément contrib...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/elfe,
Auteur principal: Porra, Véronique
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: ELFe XX-XXI 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:L’« esthétique du Divers », définie par Segalen au début du xxe siècle, a longtemps été considérée comme un tournant dans la façon d’aborder et de représenter l’autre. Sa réception par Édouard Glissant, qui a vu dans la pensée de Segalen une ouverture à l’autre encore inédite, à profondément contribué à étayer cette lecture. Depuis les années 1990, le Divers segalenien, relayé mais surtout retravaillé par Glissant et au fondement de sa « Poétique de la Relation », a régulièrement été convoqué et a nourri une vision idéalisée de l’inscription de la diversité dans les cultures et les littératures de langue française. De nos jours, l’œuvre de Segalen et sa réception font, dans le cadre de l’émergence de la pensée décoloniale dans le contexte francophone, l’objet de relectures parfois violemment critiques. La décolonialité interroge tout à la fois la nature de la représentation, mais aussi les structurations et fonctionnements des systèmes de légitimation et les épistémologies qui sont à la base des processus de création et consécration. Elle invite ainsi à un changement de paradigme dont les premiers signes apparaissent dans les littératures de langue française.