Nouer la liesse au massacre
Cette première section interroge la présence persistante du génocide dans l’espace public des années 1930. Elle remet en question l’idée répandue selon laquelle le crime aurait été relégué au silence dès la fondation de la République, pour ne resurgir dans le débat public qu’à partir des années 1970...
Saved in:
| In: | URI:https://journals.openedition.org/ejts, |
|---|---|
| Main Authors: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
European journal of Turkish studies
2025
|
| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Cette première section interroge la présence persistante du génocide dans l’espace public des années 1930. Elle remet en question l’idée répandue selon laquelle le crime aurait été relégué au silence dès la fondation de la République, pour ne resurgir dans le débat public qu’à partir des années 1970. À rebours d’une historiographie qui privilégie les sources imprimées, notamment mémorialistes, l’examen d’un corpus d’archives émanant d’acteurs provinciaux mais pleinement insérés dans l’appareil du parti-État révèle en effet la prégnance matérielle et immatérielle du crime dans la Turquie de l’entre-deux-guerres. Conçue comme un dispositif de jonction entre le pays légal et la population, la fête républicaine constitue ainsi, à l’échelle locale, un lieu d’observation privilégié de telles résurgences. L’étude procède en deux temps : d’abord une réflexion sur la catégorie même de « post-génocidaire », telle qu’elle s’est développée depuis une quinzaine d’années dans le champ des études sur la Turquie contemporaine ; ensuite une enquête de terrain centrée sur la Maison du peuple de Gaziantep ; il s’agit ainsi de penser les continuités, notamment biographiques, entre violence extrême et mise en scène du politique. |
|---|