La fabrique culturelle du nationalisme sous Bourguiba : la poésie panégyrique à la radio tunisienne (années 1960)

Alors que la Tunisie prend son indépendance le 20 mars 1956, un an plus tard, un des leaders du combat nationaliste et membre du Néo-Destour, Habib Bourguiba, parvient – par la suite d’un vote à l’Assemblée Nationale Constituante –, à faire abolir le beylicat et instaurer une république. Il en devie...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/ejts,
Auteur principal: Zaïed, Sarra
Format: Article ou chapitre numérique
Publié: European journal of Turkish studies 2025
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Alors que la Tunisie prend son indépendance le 20 mars 1956, un an plus tard, un des leaders du combat nationaliste et membre du Néo-Destour, Habib Bourguiba, parvient – par la suite d’un vote à l’Assemblée Nationale Constituante –, à faire abolir le beylicat et instaurer une république. Il en devient son premier président. Cet article s’intéresse à l’histoire de la Tunisie post-indépendante à travers l’histoire de la construction et de la consolidation d’un Etat-nation, sous le règne de Habib Bourguiba. A partir de l’analyse d’une émission de radio, Gafla Tsir, diffusée à la radio publique nationale dès 1964, j’analyse la fabrique culturelle du nationalisme autoritaire. Les émissions, produites en arabe dialectal et qui reprennent un langage bédouin standardisé pour les besoins d’une diffusion à l’échelle nationale, nous informent du tournant qu’a joué l’année 1964 sur la scène culturelle. Il s’agit de montrer comment des langages longtemps décrits comme périphériques sont plutôt mis à contribution pour consolider une nation tunisienne en devenir. Aussi, ce langage bédouin et les motifs qu’il charrie servent à diffuser une poésie panégyrique à l’attention de Habib Bourguiba, dépeint comme chef de la nation légitime mais aussi chef de tribu.