La tâche de l’interprète : lectures d’une épître de fête, où l’on voit l’histoire de la langue racontée, de façon pour le moins inhabituelle, aux petits comme aux grands

L’article explore le corpus des Fêtes de la langue à travers l’étude d’un unicum : un court traité en forme d’épître (risâle), intitulé Eski ve Yeni Yazı Dili (« L’ancienne et la nouvelle langue écrite »), composé puis publié par un conférencier et orateur de Gaziantep, Yılmaz Dokuzoğuz, en 1934. Ce...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/ejts,
Egile nagusia: Aymes, Marc
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: European journal of Turkish studies 2025
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:L’article explore le corpus des Fêtes de la langue à travers l’étude d’un unicum : un court traité en forme d’épître (risâle), intitulé Eski ve Yeni Yazı Dili (« L’ancienne et la nouvelle langue écrite »), composé puis publié par un conférencier et orateur de Gaziantep, Yılmaz Dokuzoğuz, en 1934. Ce document limite est ici proposé en traduction intégrale. Une lecture rapprochée et répétée conduit à souligner que l’annonce d’une « révolution de la langue » pouvait aussi servir à proroger les ordonnancements langagiers des statuts sociaux, notamment sous la forme d’une théorie diglossiste de la stratification linguistique. Œuvre de composition, florilège de morceaux choisis dans la veine (pré-)ottomane de l’anthologie ou du « manuscrit-mélange » (mecmû‘a), ce texte célèbre la révolution au moyen d’anecdotes, fait s’entrechoquer des normativités et des temporalités linguistiques hétérogènes. C’est là un geste historiographique sui generis, où la charge de la preuve relève d’une contextualisation plus philologique qu’historique. Au point de rencontre d’un art poétique, d’une philosophie politique et d’un élan prophétique, l’épître festive invite à une lecture feuilletée, convoquant d’autres textes célébratoires dont les auteurs (Voltaire, Horace, Cerquiglini, Paul de Tarse) ne se rencontrèrent jamais. Vouée à d’incertaines postérités, l’œuvre du prêcheur d’Antep renvoie in fine la geste révolutionnaire à son lot de malentendus et d’incongruités, à revers des lectures toutes faites.