Progrès dans l’impasse : critiques de Celal Nuri et Filibeli Ahmed Hilmi vis-à-vis des puissances européennes (1910-1914)

Ce travail se propose d’étudier l’impasse existentielle éprouvée par deux intellectuels ottomans musulmans et réformistes, Filibeli Aḥmed Ḥilmī (1863-1914) et Celāl Nūrī (1882-1938), qui publient des ouvrages semblables dans les années précédant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il adopte l’h...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/ejts,
Hovedforfatter: Köksal, Ömer
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: European journal of Turkish studies 2021
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Ce travail se propose d’étudier l’impasse existentielle éprouvée par deux intellectuels ottomans musulmans et réformistes, Filibeli Aḥmed Ḥilmī (1863-1914) et Celāl Nūrī (1882-1938), qui publient des ouvrages semblables dans les années précédant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Il adopte l’histoire des concepts (Begriffsgeschichte) développée notamment par Reinhart Koselleck comme méthodologie susceptible d’ouvrir de nouveaux horizons pour les études ottomanes qui n’ont guère pris acte des enjeux temporels inscrits dans les concepts, si ce n’est une diachronie indépassable entre les productions intellectuelles européennes et ottomanes. L’étude vise donc à réinscrire les concepts dans leur propre espace d’expérience et horizon d’attente. Le rapport entre le sens et l’usage étant établie pour ce qui est des concepts, elle évite d’assigner les intentions préétablies aux intellectuels en question. Pour ceci, elle compte faire ressortir la structure sémantique des concepts dont ils se servent tels que le progrès (teraḳḳī), le déclin (inḥiṭāṭ, tedennīyāt), le juste (ḥaḳḳ) et l’annihilation totale (helāk), tout en accordant une attention particulière aux rapports que les concepts entretiennent les uns avec les autres. Écrivant dans une période où leurs espoirs pour la survie de l’Empire ottoman sont rapidement consommés, face à un avenir de plus en plus fâcheux, Ḥilmī et Nūrī se voient également héritiers d’un long passé du déclin. C’est ainsi que l’aporie règne dans cette impasse où il n’y a d’issue ni vers le passé ni vers le futur.