Conceptualiser le mysticisme dans une perspective académique : la constitution d’une histoire générale du mysticisme chez Mehmet Ali Ayni (1868-1945)

Cet article porte sur un moment de la (re)construction intellectuelle et académique de l’objet soufisme en Turquie à travers une historicisation particulière de la tasavvuf, terme référant à la tradition mystique islamique ou soufisme. Pour ce faire nous nous proposons d’étudier un ouvrage qui forme...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/ejts,
Yazar: Sarmis, Dilek
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: European journal of Turkish studies 2017
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Cet article porte sur un moment de la (re)construction intellectuelle et académique de l’objet soufisme en Turquie à travers une historicisation particulière de la tasavvuf, terme référant à la tradition mystique islamique ou soufisme. Pour ce faire nous nous proposons d’étudier un ouvrage qui forme au moment de sa parution la base d’un enseignement de la faculté républicaine de théologie ouverte en 1924, la Tasavvuf tarihi. L’universitaire Mehmet Ali Ayni (1868-1943), y constitue son objet selon une délimitation épistémique consistant à délocaliser la « mystique » (tasavvuf) historiquement et conceptuellement, en associant, à l’instar de l’orientalisme savant qu’il exploite, des mystiques de traditions diverses. Son entreprise répond à plusieurs dynamiques : construction de chaires et de savoirs universitaires en cours, historicisation et objectivation du religieux, et nationalisation des référents religieux. Ainsi le cours d’histoire de la mystique prend place au sein d’un ensemble d’enseignements historicisant des savoirs islamiques classiques et concourt à la patrimonialisation académique du soufisme durant une période qui voit la fermeture et l’interdiction des tekke et confréries, qui interviennent très peu de temps après la première parution de cet ouvrage. Ce cours correspond aussi à une modification des approches scientifiques de la toute nouvelle faculté de théologie, dont les prérogatives et missions diffèrent de celles de medrese classiques d’avant la réforme de 1914. Elle est caractérisée épistémologiquement par une indiscernabilité mystique-philosophie incarnée dans les écrits sur la tasavvuf de la faculté de théologie. Nous analysons cet ouvrage-support d’un cours emblématique de la faculté républicaine de théologie, comme le produit et l’agent de l’académisation, médiatisation produisant des formes de diffusion particulières, mais induisant également une référentialité nouvelle du message.