Une coproduction impériale

Cet article repose sur l’exploitation d’un corpus de seize cartes produites par une société géographique russe active dans la seconde moitié du XIXe siècle. Chacune d’entre elles offre la particularité d’avoir été annotée et partiellement traduite en turc-ottoman, probablement par les services de l’...

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מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/ejts,
מחבר ראשי: Bouquet, Olivier
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: European journal of Turkish studies 2016
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
תיאור
סיכום:Cet article repose sur l’exploitation d’un corpus de seize cartes produites par une société géographique russe active dans la seconde moitié du XIXe siècle. Chacune d’entre elles offre la particularité d’avoir été annotée et partiellement traduite en turc-ottoman, probablement par les services de l’administration militaire ottomane. À partir d’une approche comparée des savoirs cartographiques constitués dans les deux pays, l’étude souligne dans un premier temps l’ambivalence de la cartographie, à la fois instrument de domination et lieu de collaboration scientifique et technique entre Saint-Pétersbourg et Istanbul. Une telle mise en perspective éclaire dans un second temps les représentations géographiques dont les annotations des cartes rendent compte : projection d’un imaginaire ottoman sur l’espace impérial voisin, saisie de l’autre et appréhension de soi. Mais elle invite à un autre type d’approche proposée dans un dernier temps. Si le domaine de la cartographie fut en effet le lieu de transferts culturels particuliers, les cartes en question sont à analyser comme « matières à transfaire » topographique et toponymique : instruments de mise en forme de codes uniformisés et témoignages de conceptions géographiques ottomanes certes, mais également résultats matériels d’une coproduction impériale.