Antoine Meillet et Matteo G. Bartoli: la langue comme outil de civilisation au service de l’idéologie nationale

Antoine Meillet (1866-1936) en France et Matteo G. Bartoli (1873-1946) en Italie travaillent simultanément à l’élaboration de leur linguistique respective: grammaire comparée et sociolinguistique pour le premier, et néolinguistique pour le deuxième. Revendiquant une certaine porosité à l’extralingui...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/edl,
Autore principale: Jaboyedoff, Vladimir
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Études de lettres 2023
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Antoine Meillet (1866-1936) en France et Matteo G. Bartoli (1873-1946) en Italie travaillent simultanément à l’élaboration de leur linguistique respective: grammaire comparée et sociolinguistique pour le premier, et néolinguistique pour le deuxième. Revendiquant une certaine porosité à l’extralinguistique, ils apparentent la langue à un «instrument de culture nationale» identifiable à une civilisation spécifique. L’expansion, la régression ou la disparition d’une langue permettent dès lors au linguiste de témoigner des forces et des faiblesses des peuples, évaluables selon des critères souvent flous, comme l’unité et le prestige. En cette première moitié de XXe siècle mouvementée, ces conceptions communes structurent non seulement leur système théorique respectif, mais également des positions glottopolitiques. Il s’agit dès lors de saisir les modalités qui rendent l’avènement de ce type de discours possible. Quel impact les contextes nationaux et internationaux ont-ils? Quels présupposés théoriques communs sont à l’œuvre? L’examen de cette dialectique entre science et conditionnements d’époque offre l’occasion d’analyser et de mieux comprendre les accents semblables ou dissonants des raisonnements des deux linguistes.