«J’avais rêvé un peu mieux.» Les désillusions du jeune Antoine, linguiste et voyageur en Arménie en 1891

En 1891, Meillet entreprend un voyage de trois mois au Caucase, pour mettre en pratique et asseoir ses connaissances d’arménien. Durant ce séjour (Tiflis, Etchmiadzine, plaine de l’Ararat…), il se plaint constamment, dans sa correspondance et son journal, de la pauvreté des échanges, de la langue co...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/edl,
1. autor: Gandon, Francis
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Études de lettres 2023
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:En 1891, Meillet entreprend un voyage de trois mois au Caucase, pour mettre en pratique et asseoir ses connaissances d’arménien. Durant ce séjour (Tiflis, Etchmiadzine, plaine de l’Ararat…), il se plaint constamment, dans sa correspondance et son journal, de la pauvreté des échanges, de la langue corrompue des journaux, de la faiblesse de la littérature. Il n’est pas jusqu’aux manuscrits du couvent d’Etchmiadzine qui ne soient décevants. Concomitamment, le jeune chercheur adopte, concernant l’histoire de la région et les tensions qui la travaillent, le superbe isolement de l’intellectuel impartial, renvoyant dos à dos les parties en présence (Arméniens et Turcs, Arméniens et Russes). De là un double paradoxe: un séjour désenchanté, qui a pourtant forcément joué un rôle illuminateur et cathartique vu la carrière ultérieure du savant «auquel il faut toujours revenir en matière d’arménologie» (R. Grousset) et dont l’œuvre est imprégnée d’arménien de manière quasi chronique et souvent dans des travaux improbables; une antithèse entre une langue conçue comme un objet neutre (non problématique) et une conception ultérieure de la langue comme «objet social», la linguistique cousinant désormais avec la sociologie. Ce dernier paradoxe conduit en réalité à une contradiction à peu près inexplicable qui s’apparente plus à une schize analytique qu’à une aporie méthodologique.