Voies allégoriques et stratégies narratives de l’oubli (Guillaume de Deguilleville, Thomas de Saluces)
Deux voies allégoriques du XIVe siècle, le Pèlerinage de vie humaine de Guillaume de Deguilleville et le Chevalier errant de Thomas de Saluces, illustrent la fonction stratégique de l’oubli dans la littérature allégorique narrative. Dans le Pèlerinage, l’oubli est l’envers d’une mémoire éthique anne...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/edl, |
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| 1. Verfasser: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Études de lettres
2023
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| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Deux voies allégoriques du XIVe siècle, le Pèlerinage de vie humaine de Guillaume de Deguilleville et le Chevalier errant de Thomas de Saluces, illustrent la fonction stratégique de l’oubli dans la littérature allégorique narrative. Dans le Pèlerinage, l’oubli est l’envers d’une mémoire éthique annexée à la Prudence. Une amnésie coupable entraîne l’errance du pèlerin narrateur sur la voie des vices et rend de fait possible le récit; le discours édifiant tenu par les personnifications trouve dès lors une justification narrative. Chez Thomas de Saluces, l’instruction pastorale n’occupe que la dernière partie du roman. Auparavant, le narrateur s’ingénie à «mettre en oubli» les cadres structurels du discours édifiant pour donner libre cours à une forme d’errance narrative qui échappe en grande partie à la moralisation; les nombreuses réminiscences littéraires contribuent à cette oblitération de la memoria comme habitus moral. Ces deux récits montrent que l’oubli est le pivot narratif d’une littérature romanesque irréductible au discours édifiant, voué à l’édification de la mémoire, qu’elle véhicule. |
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