Crise culturelle et figures postcoloniales du religieux dans le cinéma africain

Cet article montrera l’instabilité de la figure du religieux dans l’Afrique postcoloniale. Le film Au nom du Christ du réalisateur ivoirien Roger Gnoan M’Bala est le lieu de proclamation d’un faux prophète noir, caricature d’une société en perdition religieuse que l’on dirait abandonnée de ses dieux...

Fuld beskrivelse

Enregistré dans:
Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/edl,
Hovedforfatter: Diandué, Bi Kacou Parfait
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Études de lettres 2020
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Cet article montrera l’instabilité de la figure du religieux dans l’Afrique postcoloniale. Le film Au nom du Christ du réalisateur ivoirien Roger Gnoan M’Bala est le lieu de proclamation d’un faux prophète noir, caricature d’une société en perdition religieuse que l’on dirait abandonnée de ses dieux ancestraux. Lauréat de l’Étalon de Yennenga, Grand Prix du Fespaco en 1993, Au nom du Christ raconte les dérives du colonialisme dans l’exploitation pervertie du christianisme et dans l’implosion des croyances traditionnelles africaines. De là, le religieux postcolonial figure une hétérogénéité étrange, origine d’interprétations loufoques qui créent réinterprétation et surenchère des religions coloniales importées. Le cinéma comme la littérature abordent le syncrétisme culturel des pays dominés comme une forme de résistance à l’invasion totale du colonial. Autant les transformations syncrétiques du culturel sont perceptibles comme une profanation du sacré africain, autant elles se déclinent comme la robustesse des structures anthropologiques des civilisations conquises, plusieurs fois millénaires.