Mémoire de la cité et mémoire de la tragédie
Comment expliquer que les textes de la tragédie grecque antique si profondément liés aux institutions de l’Athènes du Ve siècle av. J.-C. soient aujourd’hui si joués et représentés partout à travers le monde ? A défaut d’apporter une réponse immédiate à cette question, cette étude veut remettre en q...
Zapisane w:
| Wydane w: | URI:https://journals.openedition.org/edl, |
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| 1. autor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Język: | Français |
| Wydane: |
Études de lettres
2018
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| Dostęp online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Streszczenie: | Comment expliquer que les textes de la tragédie grecque antique si profondément liés aux institutions de l’Athènes du Ve siècle av. J.-C. soient aujourd’hui si joués et représentés partout à travers le monde ? A défaut d’apporter une réponse immédiate à cette question, cette étude veut remettre en question deux illusions : celle d’une universalité de la tragédie grecque et celle d’une mémoire héritée des Anciens. Un texte de Borges, ici relu, raconte parfaitement la difficulté de comprendre les formes artistiques des autres cultures. Mais il faut aller plus loin pour dire que c’est le fonctionnement même de la mémoire qui s’est transformé. Au spectacle d’une tragédie grecque, le spectateur contemporain se plaît à penser qu’il retrouve un mythe antique, voire une mémoire mythique. Sauf que les tragédies renvoyaient les Athéniens du Ve siècle à des drames qui n’étaient pas pour eux une pure fiction. Ils ne considéraient pas les figures d’Œdipe, d’Agamemnon ou d’Antigone comme des figures légendaires ou inventées. La tragédie grecque apparaît alors, dans le contexte politique, culturel et religieux de la cité, comme une institution de réappropriation et de reformulation du passé, comme une manière de faire de l’histoire ancienne. |
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