Des images qui dénoncent ?
Dans cet article, je voudrais interroger le pouvoir politique des images dans l'espace urbain. Pour ce faire, je m'appuie sur la confrontation de deux types d'images s’affichant à Calais, ville désormais associée au « problème des migrants ». D'un côté, j'étudierai quatre in...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/echogeo, |
|---|---|
| Glavni avtor: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
EchoGéo
2024
|
| Teme: | |
| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Dans cet article, je voudrais interroger le pouvoir politique des images dans l'espace urbain. Pour ce faire, je m'appuie sur la confrontation de deux types d'images s’affichant à Calais, ville désormais associée au « problème des migrants ». D'un côté, j'étudierai quatre interventions du street artist Banksy. De l'autre côté, j'analyserai des images réalisées par des artistes anonymes, dans des sites reculés, moins visibles, sur les murs, sur les portes ou sur les fenêtres de squats hébergeant notamment des migrants. Alors que les images de Banksy font passer un message politique dénonçant la situation des migrants, les responsables politiques de Calais ont affirmé vouloir protéger ces peintures. Inversement, les images anonymes, qui ne véhiculent aucun message politique, sont systématiquement effacées ou rendues inaccessibles. Sur la base des travaux de Michel Foucault, Jacques Rancière et Étienne Balibar, je voudrais montrer que ce paradoxe s'explique peut-être moins par la célébrité de Banksy que par la relation des images à l'espace : les Banksy maintiennent, voire perpétuent, les découpages de l'espace et les relations entre les groupes sociaux constituant l'ordre établi, alors que les images anonymes les suspendent un temps, pour faire exister des lieux hétérotopiques. |
|---|