Engagement militant et politisation des mobilisations au sein des oppositions urbaines à Istanbul

La Municipalité du Grand Istanbul met en œuvre depuis quelques années une « politique de transformation urbaine » pour faire d’Istanbul une ville moderne et compétitive sur la scène mondiale. Les mobilisations locales et les mouvements protestataires se multiplient pour infléchir une politique qui d...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/echogeo,
Autor principal: Petit, Clémence
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: EchoGéo 2024
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:La Municipalité du Grand Istanbul met en œuvre depuis quelques années une « politique de transformation urbaine » pour faire d’Istanbul une ville moderne et compétitive sur la scène mondiale. Les mobilisations locales et les mouvements protestataires se multiplient pour infléchir une politique qui domine aujourd’hui l’agenda urbain « néolibéral » et empêcher les démolitions et déplacements de population escomptés. Au-delà de la distance au politique généralement affichée – condition de légitimité dans le système sécuritaire mis en place en Turquie après le coup d’État de 1980 – ces « oppositions urbaines » sont traversées par des débats sur la place du politique dans la mobilisation. À partir de l’étude sociologique de deux associations de quartiers et de deux mouvements de « professionnels urbains », cette contribution analyse le travail de définition des cadrages et répertoires d’action propres à chaque mouvement. Elle fait apparaître le rôle de ces professionnels urbains dans la requalification politique du désaccord qui divise les oppositions urbaines entre une stratégie « experte » et une stratégie plus politique. L’analyse met néanmoins en évidence le caractère dynamique et relatif – en termes de contextes et d’échelles – des stratégies d’appropriation des politiques publiques locales et des processus de politisation des « mouvements urbains ».