L’étrangeté gothique de l’inanimé dans la fiction de Martin Amis

Cet article tente d’établir la manière dont le concept freudien de l’inquiétante étrangeté, qui survient lorsque l’inanimé pousse trop loin sa ressemblance avec le vivant, sous-tend la veine gothique de la fiction de Martin Amis, tonalité jusqu’à présent négligée par la critique. En soulignant comme...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
Autor Principal: Verrier, Luc
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Études britanniques contemporaines 2020
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Cet article tente d’établir la manière dont le concept freudien de l’inquiétante étrangeté, qui survient lorsque l’inanimé pousse trop loin sa ressemblance avec le vivant, sous-tend la veine gothique de la fiction de Martin Amis, tonalité jusqu’à présent négligée par la critique. En soulignant comment l’étrangéification de l’inanimé repose sur des procédés de zoomorphisation et d’anthropomorphisation, on montrera la manière dont l’inanimé amisien, en accédant au statut de sujet malveillant et irascible, dramatise la sujétion et la réification ontologique de l’homo faber, désormais étranger au monde qu’il a créé. La subjectification de l’inanimé, qui se traduit de surcroît par la récurrence de l’hypallage et de ce que la linguistique appelle des anomalies textuelles, fait la part belle à la terreur, à la privation de liberté, à la liminalité et au paradoxe, ce qui lui permet au bout du compte de s’inscrire dans la dynamique sublime qui fédère l’œuvre de Martin Amis.