It’s Not All in the Mind of Britain: Will Self’s Umbrella

L’article se propose d’étudier le rapport entretenu par Will Self, l’auteur d’Umbrella (2012) à la Condition of England Question, autrement dit la nature de sa prise en charge, par le biais de la fiction, de la pathologie qui lui paraît affecter le corps social. Une comparaison initiale, entre Will...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
Κύριος συγγραφέας: Porée, Marc
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Anglais
Έκδοση: Études britanniques contemporaines 2015
Θέματα:
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Περιγραφή
Περίληψη:L’article se propose d’étudier le rapport entretenu par Will Self, l’auteur d’Umbrella (2012) à la Condition of England Question, autrement dit la nature de sa prise en charge, par le biais de la fiction, de la pathologie qui lui paraît affecter le corps social. Une comparaison initiale, entre Will Self journaliste et sémiologue (au sens où pouvait l’être le Roland Barthes de Mythologies) et Will Self romancier (frotté d’anti-pyschiatrie et manifestement obsédé par l’imaginaire comme par la réalité de la maladie), débouchera sur la mise en lumière de la condition neurologique et psychique qui est celle de ses personnages, mais aussi de la nation anglaise. À la différence, cependant, des neuro-romanciers, l’auteur d’Umbrella se refuse à dissocier l’étude de cas (l’individu en question, Audrey Dearth, pouvant représenter une collectivité ou une classe — la classe ouvrière, en la circonstance) de la prise en compte des grandes forces historiques qui, depuis au moins la première guerre mondiale, façonnent, pour le meilleur et pour le pire, le tissu social. Ainsi, malgré les apparences d’un discours laingien et foucaldien, ce sont William Blake et D.H. Lawrence qui portent le fer dans la plaie de la mécanisation et de l’aliénation. Ainsi, malgré les apparences d’un dispositif narratologique de type « moderniste », le roman de Self rejoint les préoccupations éthiques qui étaient déjà celles des romanciers victoriens. Procédant d’une critique en règle de la technologie (souvent d’origine militaire), Umbrella laisse pendante la question, sinon du supplément d’âme (Will Self n’ayant que faire d’une esthétique bourgeoise), du moins du care, de la sollicitude manifestée à l’endroit des plus vulnérables. Chemin faisant, l’interrogation quant au statut du « contemporain » (avec ou sans Agamben) demeure entière.