Horizons de l’inassimilable : du réalisme traumatique dans le roman britannique contemporain

Un spectre hante la littérature britannique contemporaine. Qu’il s’agisse du traumatisme sexuel chez Anne Enright ou John Banville, du traumatisme de la Grande Guerre chez Pat Barker ou de la seconde guerre mondiale chez Martin Amis et bien d’autres, ou encore du traumatisme provoqué par les effract...

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מידע ביבליוגרפי
הוצא לאור ב:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
מחבר ראשי: Ganteau, Jean-Michel
פורמט: Article ou chapitre numérique
שפה:Français
יצא לאור: Études britanniques contemporaines 2015
נושאים:
גישה מקוונת:Accès Université d'Orléans et IFPM
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סיכום:Un spectre hante la littérature britannique contemporaine. Qu’il s’agisse du traumatisme sexuel chez Anne Enright ou John Banville, du traumatisme de la Grande Guerre chez Pat Barker ou de la seconde guerre mondiale chez Martin Amis et bien d’autres, ou encore du traumatisme provoqué par les effractions du terrorisme international chez McEwan, il est devenu difficile d’échapper aux représentations du trauma dans le récit de fiction contemporain. Or, c’est précisément la représentation d’un fonctionnement psychique motivé par le trou, l’absence ou l’inaccessible qui semble être au cœur de la problématique de la représentation, dont l’enjeu est la mise en place d’un réalisme traumatique performant. Par « performant », il convient d’entendre un réalisme qui se donnerait les moyens non point de représenter mais bien de présenter la tâche d’ombre ou le point aveugle, qui par définition échappe à la mémoire, à la conscience, et à la mise en récit. C’est donc par nécessité l’horizon d’un imprésentable, lequel invariablement borne thématiquement le récit tout en se plaçant toujours déjà hors d’atteinte, qui semble être au cœur du réalisme traumatique. Faute de pouvoir représenter l’inassimilable, ces récits s’assignent donc pour tâche de ressembler toujours plus aux symptômes, se faisant iconiques d’un fonctionnement qu’ils ne parviennent à esquisser que de manière à jamais asymptotique, de même que l’accès au souvenir de l’effraction ne peut être envisagée que comme horizon, reculant à jamais.