Mortelle traversée : The Comfort of Stangers, roman de Ian McEwan (1981), scénario de Harold Pinter (1989) et film de Paul Shrader (1990)

Dans The Comfort of Strangers (1981), son deuxième roman, McEwan retravaille à sa façon le trope littéraire éculé du voyage en Italie : deux jeunes touristes anglais, Colin and Mary, retournent à Venise (jamais explicitement nommée), pensant y ranimer la flamme vacillante de leur passion. À la trave...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
Auteur principal: Roblin, Isabelle
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Études britanniques contemporaines 2015
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Dans The Comfort of Strangers (1981), son deuxième roman, McEwan retravaille à sa façon le trope littéraire éculé du voyage en Italie : deux jeunes touristes anglais, Colin and Mary, retournent à Venise (jamais explicitement nommée), pensant y ranimer la flamme vacillante de leur passion. À la traversée géographique entre la Grande-Bretagne et l’Italie et au dépaysement qu’ils éprouvent correspondent une plongée au plus profond d’eux-mêmes et une exploration de leurs désirs et fantasmes ordinairement dissimulés sous un vernis culturel et intellectuel qui ne va pas résister à la défamiliarisation induite par leur passage dans un autre monde. La ville et ses habitants exercent sur eux une fascination morbide et seront fatals à leur couple : La mort à Venise, qui sans jamais être cité imprègne le texte de McEwan, pourrait être le sous-titre cette œuvre. C’est également à un autre genre de traversée, intermédiale celle-ci, que je m’intéresserai puisque je me propose en parallèle d’étudier les stratégies d’écriture scénaristique mises en place par Harold Pinter dans son adaptation du roman pour Paul Shrader. En effet, le passage d’un pays, d’une culture à l’autre y est conçu non pas comme un enrichissement personnel mais au contraire comme « a brutality », pour reprendre la citation de Cesare Pavese mise en exergue et dont le titre du roman s’inspire.