Virginia Woolf, une snob au music-hall : le spectacle de mauvais genre à la rescousse du genre littéraire
L’article de WVirginia Woolf, qui passait volontiers de la culture dite « haute » à la culture dite « basse », utilisa la force et les codes du music hall, encore marginalisé au début du vingtième siècle. En tant que spectatrice, elle trouva dans cet art infraculturel un modèle politique de citoyenn...
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| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/ebc, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Études britanniques contemporaines
2026
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| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | L’article de WVirginia Woolf, qui passait volontiers de la culture dite « haute » à la culture dite « basse », utilisa la force et les codes du music hall, encore marginalisé au début du vingtième siècle. En tant que spectatrice, elle trouva dans cet art infraculturel un modèle politique de citoyenneté participative, mais anoblit ce genre populaire en l’assimilant à la culture élitaire. En outre, l’immédiateté du jugement qu’elle acclame s’exprime de façon corporelle, or Virginia Woolf nie la corporéité des spectateurs transformés en mécaniques expressives. Quoi qu’il en soit le corps s’avère un lieu de communication privilégié, comme dans les arts populaires de la scène. En tant qu’écrivain, elle chercha à revivifier la littérature, aussi souffreteuse et compassée que Nicholas Greene et Bernard, par certains emprunts au music hall. Ainsi, le brouillage vestimentaire lié dans Orlando à la différenciation entre sex et gender ne surgit pas ex nihilo mais s’enracine dans le transformisme d’un Fregoli. Dans Between the Acts, Mrs Manresa a en commun avec Marie Lloyd des éléments biographiques, mais surtout une stratégie communicationnelle. En instaurant une complicité avec leur auditoire, toutes deux créent les conditions d’une lecture participative ; de plus leur gestuelle prend le contre-pied de leurs paroles, dont elle réoriente la lecture. Toutefois, Virginia Woolf demeura prise entre deux conceptions antagonistes du corps : appelant de ses vœux une écriture corporelle et dynamique, faisant du corps l’indispensable instrument de toute création, elle opposait, selon la conception naturaliste, la pureté des corps minces à l’immoralité des corps gras. Cette apologie d’un art musclé n’était pas propre à la romancière mais caractérise la modernité, de la même façon que la tension entre désir d’assimilation du « bas » et rejet du vulgaire. |
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