The Ruin as Kairos in W. G. Sebald’s The Rings of Saturn

Au-delà de l’hétérogénéité sémiotique entre signes linguistiques et images, qui rend partiellement compte de la force de rupture que représente l’insertion de matériaux visuels dans Les Anneaux de Saturne, la relation texte/image dans ce roman est un lieu de tension poétique particulier en raison du...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
Autor Principal: Fortin-Tournès, Anne-Laure
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Anglais
Publicado: Études britanniques contemporaines 2014
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Au-delà de l’hétérogénéité sémiotique entre signes linguistiques et images, qui rend partiellement compte de la force de rupture que représente l’insertion de matériaux visuels dans Les Anneaux de Saturne, la relation texte/image dans ce roman est un lieu de tension poétique particulier en raison du caractère intempestif de l’irruption du visuel dans le texte, une intempestivité qui désigne les photographies comme des ruptures plutôt que comme des continuités, qui ouvrent le texte linguistique à son autre sémiotique, en introduisant une dilatation temporelle et une relation spécifique au passé. En amenant un changement de vitesse dans le processus de lecture, les diverses images insérées dans le texte produisent en effet des changements dans la temporalité du récit qui sont perçus par le lecteur comme autant de moments de kairos, ou possibilité d’ête présent au passé sous sa forme résiduelle, grâce à l’irruption de la ruine comme moment de vérité sur le passé. Dans L’Être et l’événement, Alain Badiou souligne le fait que nous ne pouvons être totalement présents à l’événement dans son événementialité. Nous ne pouvons que le nommer a posteriori. Ainsi, nous ne pouvons avoir accès à l’événement que lorsqu’il est passé, lorsque nous tentons de nommer ou de matérialiser ses traces. L’insertion de traces du passé dans le texte, par le biais du visuel, et de la photographie en particulier, relève ainsi d’un désir de matérialiser le passé sous forme de reste, ou de ruines. Cet article envisage l’insertion d’images dans le texte de Sebald sous l’angle de la notion agambiénienne de dispositif, qui comprend une dimension idéologique, mais aussi la réception du lecteur, l’appréhension culturelle et sociale de la relation texte/image, ainsi que l’insertion du dispositif dans une institution, afin de mieux cerner la spécificité du kairos que les ruines photographiques de Sebald introduisent dans son texte.