« My mother called me Silver. I was born part precious metal part pirate » : nomination et appel(lation) dans Lighthousekeeping et dans la fiction de Jeanette Winterson

À partir de l’incipit de Lighthousekeeping dont il examine les prolongements dans l’œuvre, cet article tente de souligner les différents paradoxes qui entourent la question de la nomination chez Jeanette Winterson. Dans un univers fictionnel qui réitère la nécessité de s’inventer, nommer consiste mo...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/ebc,
Yazar: Tollance, Pascale
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Études britanniques contemporaines 2014
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Diğer Bilgiler
Özet:À partir de l’incipit de Lighthousekeeping dont il examine les prolongements dans l’œuvre, cet article tente de souligner les différents paradoxes qui entourent la question de la nomination chez Jeanette Winterson. Dans un univers fictionnel qui réitère la nécessité de s’inventer, nommer consiste moins à désigner ce qui existe qu’à faire exister ce qui n’aurait pas d’existence autrement. Que les personnages de Winterson soient forcés de se créer à partir de rien n’empêche pas l’œuvre d’afficher de nombreuses filiations littéraires, si ce n’est que la dette fonctionne à double sens et que se brouille toute opposition rigide entre celui qui parle et celui qui fait parler l’autre. Le glissement du sens, les jeux sur le signifiant et la lettre affectent le nom propre lui-même, comme si l’unicité de ce qu’il désigne ne se disait pas mieux qu’à travers la mobilité et la plasticité d’une langue de l’affect qui s’emploie à défaire les lois du propre et du commun. Que le nom ne « colle » pas (ce dont la fiction de Winterson souligne le caractère salutaire) ne lui ôte en rien son efficacité. La nomination ne se conçoit pas indépendamment d’un appel, d’une interpellation ou d’une convocation qui soulignent le pouvoir du nom et mettent l’accent sur ce qu’il fait plutôt que sur ce qu’il est. En même temps cet appel est une façon de s’exposer à la possibilité d’une non-réponse de l’autre et relance la question de l’origine. Loin de toute illusion d’une présence à soi, la voix et les échos qu’elle produit ouvrent une brèche dont rend compte la question de Sappho dans Art and Lies : « who calls whom ? ».