Grandeur et décadence d’un dictateur du XXe siècle
L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu (2010) d’Andrei Ujica est un film de (re)montage d’images d’archives montrant l’exercice du pouvoir du dictateur roumain entre 1965 et 1989. Le cinéaste s’y livre à un processus de transformation du statut initial de ces images. Et le résultat permet de s’interr...
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| Auteur principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
Double Jeu
2018
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | L’Autobiographie de Nicolae Ceausescu (2010) d’Andrei Ujica est un film de (re)montage d’images d’archives montrant l’exercice du pouvoir du dictateur roumain entre 1965 et 1989. Le cinéaste s’y livre à un processus de transformation du statut initial de ces images. Et le résultat permet de s’interroger très concrètement sur les figurations du pouvoir, les rapports de force impliqués, ou encore la manière dont un homme s’approprie tous les pouvoirs, et plus généralement s’arroge le pouvoir. Si Ceausescu, obsédé par sa propre image, a basculé dans l’hagiographie, Ujica quant à lui traque subtilement l’excès d’éloges dans un montage finement élaboré et dans la conception d’une bande-son débarrassée de tout commentaire. Ce texte tente de caractériser ce geste documentaire en distinguant, d’une part, les mécanismes de propagande déterminant la politique intérieure du Conducator et, d’autre part, les stratégies de sa politique extérieure. Dans le premier cas, le film montre un homme attentionné n’ayant de cesse de rappeler son entier dévouement envers le peuple roumain pourtant et au final trompé ; l’une des grandes qualités du film étant d’offrir la possibilité de mesurer dans le temps l’usure du pouvoir, l’inéluctable chute du dictateur. Dans le second cas, on observe avec fascination une volonté de reconnaissance de Ceausescu qui dépasse allégrement les frontières roumaines dans un geste de fraternisation avec les dirigeants et les peuples des pays communistes, dans un geste d’hypocrisie à peine voilée (mais dévoilée par l’ingérence esthétique et dramaturgique d’Ujica) avec les dirigeants des démocraties occidentales. Ainsi le jeu politique de Ceausescu est-il révélé pour ce qu’il est profondément, une usurpation de pouvoir. |
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