Atteindre l’irreprésentable

Tout spectateur du Tombeau d’Alexandre de Chris Marker (1992) est à même de se rappeler les plans fantomatiques que le caméraman Yakov Tolchan fit à l’insu de Staline à la demande de Dziga Vertov : le maître du Kremlin longe une façade et disparaît. La séquence qui ne peut être que décevante pour ce...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/doublejeu,
Egile nagusia: Mary, Nathalie
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Double Jeu 2018
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Tout spectateur du Tombeau d’Alexandre de Chris Marker (1992) est à même de se rappeler les plans fantomatiques que le caméraman Yakov Tolchan fit à l’insu de Staline à la demande de Dziga Vertov : le maître du Kremlin longe une façade et disparaît. La séquence qui ne peut être que décevante pour celui qui cherche à percer les secrets de l’homme d’État définit le pouvoir par la négative. La réalité de celui-ci échappant à toute tentative d’approche et de connaissance est impossible à représenter et fondamentalement inaccessible au citoyen. Nous pensons que La Conquête de Xavier Durringer et Pater d’Alain Cavalier, films sortis en 2011, envisagent le pouvoir de manière différente, non plus comme quelque chose d’impossible à représenter. Une configuration européenne / mondiale difficile, une omnipotence financière, les dérives variées de pouvoirs pratiquant le népotisme et le détournement de fonds publics, la perspective d’une élection présidentielle et une impression générale de perte de sens ont certainement préparé nos deux cinéastes à s’interroger et à observer les puissants. Cet article étudie comment Durringer et Cavalier mettent en scène les questions, les émotions, les dialogues, les postures de ceux travaillant au sein du pouvoir.